top of page

*** Lumière sur une artiste ***

Marie Bagi vous présente,

 SoRi 

Artiste visuelle - Street Artist

Oeuvre
Oeuvre

                      Aujourd’hui je vous présente l’artiste SoRi que j’ai eu le plaisir de rencontrer via les réseaux sociaux mais aussi par l’agence artistique Intie basée en France. Par le biais d’une correspondance téléphonique, SoRi m’a raconté son parcours de vie lié à son art touchant divers supports tel que le mur. Rencontre.

SoRi commence par me raconter qu’elle a fait des études d’arts appliqués dans le domaine de la mode. Elle aurait, à l’époque, souhaité enseigner mais elle était soi-disant trop jeune pour le faire. Elle s’est tout de même dirigée vers la voie de l’enseignement mais pour les plus jeunes, c’est-à-dire en école primaire ainsi que auprès de jeunes possédant des troubles de comportement. Durant cette période, l’art était réalisé en parallèle de son travail d’enseignante. Elle le cultivait pour elle-même. En s’approchant de la quarantaine, il y a eu comme un déclic, comme un besoin de retour. Cela a commencé par des commandes sur tissu par une amie sénégalaise. Ces œuvres étaient réalisées avec du spray, ajoute-t-elle. Depuis 2019, elle n’a plus jamais arrêté. Le travail des matières, sur du relief tel que le tissu, devient un moteur. Elle part ensuite sur de la proratisation au féminin soit de personnes inconnues soit de personnes connues comme Sonia Rykiel (1930-2016). Nous pouvons d’ailleurs la voir sur son site internet sous l’intitulé « La Beauté sera toujours rayée » réalisée en 2022. Elle continue en me disant qu’elle aime mettre en lumière les femmes connues dont nous ne connaissons pas le visage mais aussi celles qui ont une importance et qui ne sont pas connues. C’est là une des particularités de ses derniers travaux. Aujourd’hui, elle réalise beaucoup de Street Art et nous y reviendrons.

SoRi est née en Isère à côté de Vienne, entre Lyon et Saint-Etienne. Elle me dit qu’elle provient d’un milieu paysan qui n’avait pas de lien avec l’art mis à part que sa mère aimait amener ses enfants au musée. C’est un rituel chaque dimanche. Ses deux parents possédaient un bon coup de crayon, comme elle le dit si bien, et ont réalisé des décors de théâtre pour l’école. Il y avait donc une portée pour certaines activités artistiques dans sa famille. Au collège – correspondant en Suisse par école secondaire – elle réalisait des fresques de deux mètres sur trois mètres, avec une amie passionnée d’art. L’école leur avait même demandé de costumiser les divers étages en lien avec leurs disciplines. Ainsi, sur l’étage des sciences, elles se sont retrouvées à créer des dinosaures. Elle était alors âgée de treize ans. A Saint-Etienne, elle part étudier les arts appliqués, comme cité plus haut. Elle effectue vingt-neuf heures d’art et dédie toutes ses soirées à créer. A l’internat où elle se trouve, c’est à vingt-deux heures qu’il y a l’extinction des feux mais cela ne l’arrête pas. Avec sa lampe frontale, elle continue de créer. Nous voyons déjà la rage de créer qui s’empare d’elle et la passion qui fait petit à petit sa place. Ses intérêts, me dit-elle, tournent autour du stylisme, de l’architecture mais aussi de la photographie. Elle se dirige ensuite vers un BTS (Brevet de Technicien Supérieur) en stylisme de mode à Lyon.

C’est de là que naît son intérêt pour la matière. Elle me dit même être portée par la matière. Elle va réussir à être guidée par le tissu qu’elle va ensuite coudre sur toile. C’est d’ailleurs avec le tissu d’une robe de Sonia Rykiel qu’elle réalise son œuvre témoignage à cette styliste de talent et elle le réalise avec brio puisque nous avons vraiment la sensation d’une représentation photographique où il est possible de lire ses traits et les expressions qui lui sont propres. SoRi me parle ensuite de son art particulier vers lequel elle s’est dirigée et qui lui procure une grande sérénité : le Street Art. Le découpage des pochoirs lui a valu d’être dans le catalogue mondial d’Amérique du Sud des pochoiristes femmes. Elle se confie sur la manière dont elle aborde ses pochoirs et, me dit-elle en riant, qu’elle plane complètement sur ses pochoirs. Elle sent cette connexion entre son esprit et son corps qui s’allient au profit du scalpel qui vient découper le papier. C’est une étape importante, insiste-t-elle. C’est le cœur de son travail entier tout comme pour celui du tissu, c’est le besoin du toucher qui va être primordial. Les oppositions de matières deviennent alors la source d’un art constant. Mais, me dit-elle, ce n’est pas pour autant qu’elle laisse le public toucher ses matières.  

La maîtrise de son art témoigne du besoin saisissant dont elle ne peut se défaire et qui lui apporte chaque jour une satisfaction immense. La matière, quelle qu’elle soit, devient guide dans son chemin créatif et ne laisse rien au hasard. Tout respire la créativité dont SoRi va s’approprier les moyens d’expression. C’est ce qui rend un.e artiste unique et qui fait que chez elle, la passion reste constante et forte laissant au monde un regard admiratif du travail accompli.

 

Autrice : Marie Bagi, docteure en Histoire de l’art contemporain et Philosophie

 

Publié le 1er août 2023

bottom of page