*** Lumière sur une artiste ***

Marie Bagi vous présente,

Jacqueline Gandubert-Friedli 

"Artiste peintre"

Méditation du soir 80x60cm
L'eau d'ici et l'eau de là  80x60cm

            Aujourd’hui je vous présente l’artiste Jacqueline Gandubert-Friedli que j’ai rencontrée par le biais de Claudia Besson, artiste membre de l’association. Jacqueline m’a rejoint à Lausanne au siège de la Fondation Jacques-Edouard Berger qu’elle reconnut immédiatement  sur une photographie – elle avait suivi ses magnifiques conférences à l’époque avec un immense intérêt. C’est autour d’un café qu’elle me raconte son lien indéfectible avec l’art et comment il est une évidence dans sa vie.

Née à Fribourg en Suisse, Jacqueline se passionne, très tôt, pour la poésie et la peinture. Elle aurait aimé faire les Beaux-arts, mais son père a décrété que ce n’était pas un métier pour une femme! Elle se dirige alors vers une formation de secrétaire tout en continuant à dessiner et à peindre. En 1967, elle suit des cours de peinture sur porcelaine. En 1971, elle part vivre à Paris où elle s’initie à l’art pictural par des visites incessantes dans les musées. En 1973, elle revient en Suisse et, quelque temps après, saisit l’opportunité de garnir les murs de sa nouvelle maison en utilisant, dans un premier temps, les couleurs de ses enfants, me raconte-t-elle. Gardant de manière régulière l’enfant du voisin et en remerciement, ce dernier lui offre une boîte de peinture à l’huile qui fut comme le déclic d’une passion refoulée. Ce fut une révélation qui a changé sa vie, insiste-t-elle.

Elle va ainsi se passionner pour toutes sortes de techniques : dessin d’académie, à l’huile, au pastel, avec un engouement tout particulier pour l’aquarelle dont elle apprécie les transparences et le côté fugitif et instantané. Le jeu des couleurs, des contrastes, le ciel et la terre, tout n’est que prétexte pour faire ressortir la lumière dans ses paysages qu’ils soient réels ou imaginaires. Cette quête de lumières est le fil conducteur de toute son œuvre. Elle a enseigné pendant vingt-cinq ans à l’Université Populaire de Fribourg et à l’Ecole Club Migros. Elle organise des stages d’aquarelle en Suisse et en France notamment. C’est en 1985 qu’elle ose montrer pour la première fois ses œuvres et depuis elle expose chaque année avec bonheur en Suisse et à l’étranger.

En 2005, Jacqueline se dirige vers la peinture intuitive. Cette méthode, transmise par Patricia Carron, a donné un nouveau souffle à son art et, comme une évidence, l’a menée à faire toute la formation lui permettant, depuis treize ans maintenant, de l’enseigner à son tour. C’est donc avec passion qu’elle accompagne des personnes dans leur cheminement personnel et pictural. Il s’agit d’un apprentissage de la vie, de lâcher-prise, de se laisser guider par son intuition pour que l’œuvre puisse jaillir de soi sans la volonté.  Il lui arrive aussi de travailler avec les archanges ou d’autres maîtres peuvant aussi faire partie de ce processus créatif qui l’anime, ses œuvres et les participants à ses cours et ateliers. A la recherche d’un équilibre certain, son œuvre va s’orienter vers une recherche de l’harmonie des couleurs et des formes. La lumière est omniprésente dans ses œuvres et une source constante d’inspiration.

Elle me montre un livre où certaines de ses œuvres sont recensées. Jacqueline signe ses huiles inspirées « Joya ». Elle me dit avoir reçu son nom d’âme d’un maître tibétain. Joya lui sied à merveille puisque c’est la joie qu’elle souhaite transmettre dans ses cours, dans ses peintures et dans sa vie ; « la joie est le chemin », précise-t-elle. Personnellement, je suis touchée car ma chienne, décédée il y a peu, s’appelait Joy...

Son inspiration, en général après une méditation, jaillit d’elle-même sans la volonté, mais parfois, émue par la beauté d’un paysage, elle le garde dans son cœur pour que, le moment venu, elle puisse en transcender l’essence ou l’énergie sur la toile. Elle me montre un de ses tableaux : « La jeune fille à la capeline ». Elle l’a peint de manière intuitive mais est très aboutie. Nous dirions qu’elle arrive d’un autre monde, me confie-t-elle. Cette jeune fille au sourire mystérieux me semble familière et en même temps étrangère ; « C’est ma petite Joconde à moi », dit-elle en riant.

Elle conclut en disant que la toile est le reflet de soi-même et que peindre par le ressenti permet d’entrer en communion avec son soi profond et peut, pour certaines personnes, être apparenté à une sorte de thérapie. Dans tous les cas, cet enseignement permet d’acquérir une confiance en soi bénéfique pour chacun. Elle aime également voir la transformation des participants à ses cours et se réjouit de leur épanouissement au fur et à mesure de leur avancement.

Par sa peinture, Jacqueline n’a de cesse de vouloir transcender le monde qui l’entoure pour le rendre meilleur. Les ingrédients qu’elle emploie sont : la Lumière, l’Amour et la joie. Cela peut paraître prétentieux, dit-elle, mais c’est pourtant en toute humilité qu’elle compte bien poursuivre son œuvre dans ce sens.

 

 

 

Auteure : Marie Bagi, docteure en Histoire de l’art contemporain et Philosophie

 

 

 

Publié le 12 juillet 2021